Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Les Conseils de Quartier lillois sont à peine installés qu'il se murmure que l'opposition municipale envisage sérieusement un recours en annulation. Et comme Sébastien Huyghe et ses acolytes de l'UMP ont plutôt mal vécu les affronts de Chti'tine lors du dernier conseil municipal ("On ne va pas se laisser emmerder en début de mandat" a lâché Madame le Maire en fin de séance), ils s'apprêtent à savourer une petite revanche en portant l'affaire en justice. De quoi s'agit-il ? Imaginez un gouvernement qui organise à sa guise des élections législatives et modifie après coup le code électoral pour se retrouver dans les clous. Impensable dans un Etat de droit ! Effectivement. Or, à Lille, il en a été ainsi pour la désignation des conseillers de quartier. On se souvient que pour fusionner entre les deux tours, les Verts avaient convaincu Martine Aubry de faire une peu de Ségolène Royal (C'est cocasse, non ?) et ses fumeux* jury populaires, en prévoyant le tirage au sort d'un tiers des futurs conseillers de quartier. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Sans attendre une délibération du conseil municipal qui après un débat contradictoire aurait adopté la modification envisagée, la Mairie a précipitamment organisé ce tirage au sort. Une fois les heureux désignés connus (enfin, les rares qui ont accepté), le conseil municipal a été amené à délibérer sur la modification du réglement et à valider en même temps les désignations ainsi effectuées. La charrue avant les boeufs, quoi !
* pour une fois il ne s'agit pas d'un coquille....