Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Les journalistes ne peuvent approcher de la bande de Gaza. Interdit d'entrer ou de sortir. Ce n'est nullement de leur faute; c'est Israël qui décide. Mais les journalistes savent tout et commentent. De loin, très loin. Cela n'est pas nouveau. Combien de fois n'a t-on eu droit à un commentaire à chaud dans le feu de l'actualité de la guerre d'Irak en direct d'un hôtel d'...Amann, en Jordanie, soit à plusieurs centaines de kilomètres du terrain des opérations. Cette année, la plupart des événements de Birmanie était traitée en direct, non pas de Rangoon mais de ...Bangkok, en Thaïlande. C'est comme si un journaliste décrivait en direct de Bruxelles les attentats de...Madrid.
Retour à Gaza. Les journalistes reprennent (sans le dire) la communication distillée par l'Etat juif et son armée. Ainsi, "Israël fait la guerre au Hamas" et non aux habitants de la bande de Gaza. La dialectique n'est pas compliquée. Oseriez-vous soutenir les affreux terroristes du Hamas qui empêchent les petits juifs d'aller tranquillement au jardin d'enfants ? Non, bien sûr ! Sinon, vous êtes forcément favorable à la destruction d'Israël et donc de son peuple comme le très méchant président Iranien. Donc, clairement antisémite, comme l'infréquentable Dieudonné et ses pantalonnables de mauvais goût. Alors, c'est chouette la guerre contre le Hamas, non ? C.Q.F.D.
Images de l'armée elle-même à l'appui, on nous explique que Tsahal opère de manière "chirurgicale". A croire que les bombes détectent les barbes avant d'exploser. Plus de 350 morts dont une petite cinquantaine de civils. C'est quoi un "civil" ou un "non-civil" dans un pays dépourvu d'armée ? Petite explication: un enfant ou une femme âgée, c'est un "civil", un ado ou un homme adulte, c'est un "guerrier". Et d'où proviennent des chiffres aussi prècis ? De l'O.N.U, pardi ! Et oui, l'ONU est incapable d'exiger qu'Israël respecte ses résolutions. Alors, l'ONU se reconvertit en comptable méticuleux des violations permanentes de ses résolutions. C'est comme ça. Chaque jour des agents de l'ONU sont payés pour compter et re-compter les exactions d'Israël, répertorier et dresser des bilans. Des bilans fignolés qui s'accumulent depuis des décennies dans les tiroirs. On nous parle aussi de "légitime défense". C'est à dire, une riposte proportionnelle à l'attaque... Un ministre israélien commente au journal de France 2 la guerre que mène son gouvernement. En toute objectivité, il explique que son pays est "victime". Alors, information ou propagande .
Vivement l'année prochaine... A Jérusalem ?