Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Le journal Libération brosse un bien étrange portrait d'Harlem Désir, la tête de liste aux élections européennes en Ile de France présenté à l'occasion comme le nouveau numéro 2 du PS. Il y en a plein de numéros 2 au PS... Même Bigoudi alias "Gilles Pargneaux" est n° 2, c'est dire ! Bon, ce n'est pas le sujet, alors revenons à nos moutons. Au coeur de l'article de Libé, on s'arrête sur cette phrase surprenante:
" Epinglé lui aussi il y a longtemps pour un emploi fictif pas méchant, Désir défend Dray un peu à l'aveuglette"
- "Epinglé": Comme on vous accroche une médaille au revers du veston. Ou, comme on se fait critiquer dans la presse sans raison avérée à cause d'une vilaine rumeur. Non, le bonhomme a été condamné par un tribunal correctionnel. C'est moins littéraire comme formule mais un peu plus compréhensible.
- "lui aussi": Le journaliste fait référence à l'autre pote, Julien Dray, pour l'instant "épinglé" dans les médias puisqu'il n'est pas encore à ce jour été présenté à un magistrat.
- "il y a longtemps": Le jugement remonte en effet au 17 décembre 1998 pour des faits plus anciens encore. Et cela se passait au palais de justice de Lille. Alors, on s'en souvient...
- "un emploi fictif pas méchant". Curieuse expression. On se demande ce que peut bien être un emploi fictif...gentil. L'affaire qui avait mis en cause à l'époque le chouchou des médias était pourtant loin d'être anodine. Le pote Harlem Désir qui présidait SOS Racisme a bénéficié une année durant d'un salaire bien réel mais indu d'une association dont l'objet était d'aider les immigrés en difficulté, l'Association Régionale pour la Formation et l'Education des Migrants à Lille. C'est donc l'argent destiné à ceux qu'il prétendait défendre qu'il a littéralement piqué: 120.000 Francs à l'époque. C'est pas très sympa, tout de même. Clairement, il a touché et certainement pas à l'insu de son plein gré, un salaire sans le moindre travail et ce au préjudice des travailleurs immigrés. Le tribunal n'a d'ailleurs pas estimé que tout cela n'était pas "très méchant" puisqu'il a prononcé une peine de 18 mois de prison avec sursis - donc non amnistiable- outre 30.000 Francs d'amende. "Touche pas à mon pote" ou "Touche pas au grisbi" s'amusait on à l'époque. Sinon, il faut toujours croire aux vertus de la réinsertion.