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Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.

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Jésus reviens !

Mon week-end  (Pascal...) touche à sa fin. Que dire de l'actualité ? On ne va pas refaire le procès de Jésus tout de même. Il n'avait même pas pris d'avocat le gars ... Après, on s'étonne du résultat ! La peine capitale pour une broutille. Quoique. Condamné à mort, il est néanmoins revenu parmi les vivants en à peine 48 heures. Sans se ruiner pour acheter les services d'un ténor du barreau. Un truc comme çà cela casse le métier. Sinon, Gérard Dallongeville commence son chemin de croix. Mon ancien associé passé dans le camp de l'ennemi, et donc devenu magistrat,  a envoyé le Maire d'Henin-Beaumont derrière les barreaux. L'autocrate socialiste est bien évidemment lâché par les siens qui ne savaient rien... Ils étaient bien les seuls à ne pas savoir ! A part cela, mon pote Slimane Tir, la tête de file des Verts de Roubaix, kabyle et fier de l'être (comme tous les kabyles), opposant au Maire de Roubaix au conseil municipal  mais dirigeant avec lui la communauté urbaine,  honni du consulat d'Algérie, à cause de sa radio "Radio Pastel",  a tout de même présidé  un bureau de vote à Roubaix dressé pour la réélection massive d'Abdelaziz Bouteflika. Surprenant ! Mais Slimane adore les contradictions. Cela fait son charme. J'allais oublier mon copain Bernard Roman, le fringuant député du Nord et 1er Vice-président de la Région, qui explique à des élèves d'une école primaire ne gagner que... 5200 Euros par mois, soit, souligne t-il, bien moins que ce que lui procurait son ancien métier. Quelle abnégation ! Mais quel est donc cet ancien boulot que Bernard a du laissé tomber pour se sacrifier à défendre la cause du peuple au Palais Bourbon pour un salaire de misère ? Avocat ? Que nenni ! Il n'a été inscrit au barreau de Lille à peine une heure et un jour de grève, en plus. Adjoint aux finances à la Mairie de Lille ? Bien sûr que non, cela ne paye pas son homme. Le job ne rapporte que des clopinettes. En vérité, je vous le dis, Bernard a effectivement pas mal gagné sa vie en dehors de ses mandats politiques en effectuant des missions d'expertise en Afrique du genre "pour avoir de l'eau, il faut creuser un puit". Pour terminer ce week-end tranquille, Patrick Kanner, toujours adjoint au maire de Lille (mais Titine a dégonflé à l'extrême sa délégation) et toujours numéro 2 au conseil général du Nord (mais Bernard Derosier ne veut pas lui laisser sa place) fait son coming out dans La Voix du Nord: il est... franc maçon depuis 24 ans. Il y a quelques années, Patriiiiick avait aussi surpris en expliquant, comme Bernard, devant des élèves d'une école lilloise, qu'il  ne gagnait, après impôt, qu'à peine le SMIC... Le pauvre, on a failli lancer une souscription. Et pour finir, Chti'Tine a inauguré avec plaisir une allée (pardon, une esplanade !)Pierre Mauroy au jardin Mosaïc. En toute amitié.

Erratum ! Eh, oui, je me suis planté; cela arrive aussi aux meilleurs commentateurs. Slimane Tir m'affirme qu'il n'a absolument pas présidé de bureau de vote à l'occasion des élections présidentielles algériennes. Je le crois. J'ai donc été victime d'un mirage. La photo parue dans Nord Eclair présentait un homme qui lui ressemblait étrangement. La vraie info c'est donc que Slimane  a un sosie. Comme quoi, c'est vrai, il faut toujours recouper une info... Toutes mes excuses à Slimane qui j'en suis sûr ne m'en veut pas (trop...)

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S
salut pascal tu dois être tellement etourdi par la " grâce pascale " que tu as dû voir une apparition qui doit me ressembler etrangement à la presidence d' un bureau de vote. Certes c etait à roubaix mais on ne s' appele pas tous slimane. là, je blague, je taquine l' antiraciste. En plus me faire ça, le jour de mon anniversaire !!! Amitiés.
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N
Les Evangélistes, qui sont finalement assez approximatifs un peu comme les journalistes d'aujourd'hui, racontent une procédure qui ne me semble pas si nulle que ça. <br /> <br /> Certes, Ponce-Pilate fait tout pour ensabler le dossier: il tente de soulever l'incompétence de son tribunal (c'est un projet religieux qui ne regarde que les Juifs), il tente de dépayser le dossier vers le roi Hérode, il tente de gracier l'accusé (libérer Jésus ou Barrabas), il tente le non-lieu (il n'y a rien à reprocher à Jésus, le dossier est vide) mais ceux qui veulent la peau de Jésus insistent toujours.<br /> <br /> Reste tout de même l'attitude révolutionnaire suspectée chez Jésus. Or, justement, quand on lui pose la question "es-tu le Roi des Juifs", Jésus ne répond pas, provoque, relance par une autre question. Là, c'est pas nul du tout: si Jésus se prétend le Roi des Juifs, c'est un dangereux agitateur pour l'occupant romain et ses collaborateurs juifs. Ponce-Pilate finit donc pas céder et fait exécuter Jésus... C'est dégueulasse mais ça n'est pas nul.
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L
Le procès de Jésus n’est pas à refaire ? Allons, cher Pascal, l’écoute prolongée de Christian Vanneste vous a définitivement ramené parmi les ouailles de la paroisse Saint Michel épectasées par le rite romain en la forme extraordinaire...<br /> <br /> Oui, mon frère, Notre Très Sainte Mère l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine nous enseigne que Pilate est l’instrument de la Divine Providence par lequel le Salut des Hommes est advenu par la Sainte Résurrection de Notre Sauveur Jésus Christ mort sur la Croix. Amen. <br /> <br /> Alors, on va tout de même pas foutre en l’air tout çà pour une histoire de procédure, une de ces chicaneries d’avocat inverti (çà Christian il aime peu), qui sodomise des diptères... Quoique : <br /> <br /> D’abord, ce n’est pas nouveau d’étudier la validité juridique du procès du Christ : c’était même un lieu commun des thèses en droit au XIXe siècle, et en latin... Sur le sujet toujours actuel, on lira avec profit : “Le procès du christ dans les Acta pilati : Étude des termes et realia institutionnels, juridiques et administratifs” de Anne DAGUET-GAGEY (Université de Paris VIII, Saint-Denis, FRANCE) in “Apocrypha” 2005, vol. 16, pp. 9-34, revue publiée par Brepols, Paris, FRANCE <br /> <br /> Un résumé nous est offert : “L'auteur reprend les détails du procès du Christ, tels que les ont transmis les versions latine et grecque des Acta Pilati. Un point est d'abord fait sur le statut de Ponce Pilate, sa capacité à condamner à mort, le lieu où il rendait la justice à Jérusalem. Puis sont envisagés les différents temps de la procédure ayant finalement conduit le Christ à la croix, avec les singularités que les Acta Pilati contiennent par rapport aux Évangiles canoniques: dépôt de la plainte par des Juifs hostiles (non conforme aux règles en vigueur), insistance sur l'accusation de magie, convocation du Christ par un cursor (et non par un praeco), entrée de Jésus dans le prétoire, accompagnée de l'épisode des enseignes qui fléchissent, débats opposant les Juifs hostiles à Pilate et plus largement les Juifs entre eux (à propos du prosélytisme ), sentence finale prononcée par un Pilate désireux de sauvegarder l'ordre public. Des termes (latins ou grecs) employés par le narrateur, il ressort que les Acta Pilati ne peuvent avoir été rédigés que dans le courant du IVe s., peut-être par un lettré; les destinataires de ce récit ne peuvent être clairement identifiés, mais ce texte a tout de la littérature de propagande: c 'est une invitation à la conversion.” <br /> <br /> Bref, on n’a plus l’original du dossier, la minute du jugement est introuvable mais, rappelons que la sortie d’un film de Mel Gibson sur la Passion du Christ avait relancé utilement ce débat chez les avocats ...mexicains, selon une dépêche de l’AFP du 9 avril 2004 :<br /> <br /> "C'est un jugement truqué et cela saute au nez à la moindre analyse juridique. Les témoins furent payés et leurs versions se contredisaient. A coup sûr, ce procès était bourré d'irrégularités", a estimé Victor Perez, un expert en droit consulté par l'AFP. <br /> <br /> Selon lui, le Christ fut condamné à mourir crucifié sur la base de "deux législations distinctes (la romaine et la juive) qui auraient dû coïncider", compte tenu des conditions politiques et judiciaires existant à l'époque à Jérusalem. <br /> <br /> "Les délits jugés par les représentants de Rome et susceptibles de déboucher sur une condamnation à mort auraient dû être les mêmes que les accusations exposées auparavant devant le Sanhédrin (tribunal juif composé surtout de membres de familles sacerdotales, NDLR)", a précisé M. Perez. <br /> <br /> Il a souligné que pour le Christ, "cela ne fut pas le cas". <br /> <br /> Entendu d'abord par le Sanhédrin, Jésus fut considéré comme coupable de blasphème, "un crime qui vaut une condamnation à mort selon le Talmud juif", a précisé M. Perez, même si les Juifs ne pouvaient pas mettre à exécution la condamnation à cause de l'occupation romaine. <br /> <br /> "Jésus aurait dû être uniquement jugé pour cette accusation devant les autorités romaines et non pour sédition. Comme les lois juives étaient subordonnées aux dispositions de Rome, un détenu ne pouvait pas être jugé pour un délit devant le Sanhédrin et pour un autre devant Hérode et Pilate", selon M. Pérez. <br /> <br /> De son côté, l'avocat Carlos Verea, auteur d'une thèse intitulée "Analyse juridique du jugement contre Jésus", le fondateur du christianisme peut être considéré comme un prisonnier de conscience. <br /> <br /> "En analysant les éléments autour du procès ainsi que l'interrogatoire du Nazaréen, nous allons nous apercevoir que le jugement auquel il fut soumis ne fut pas juridique mais avait au contraire une motivation politique", analyse-t-il dans sa thèse. <br /> <br /> Le procès du Christ devant les autorités juives démarra la nuit-même de son arrestation. "Nous sommes donc en présence d'une violation du droit juif qui prévoyait l'horaire précis et légal pour l'établissement du Sanhédrin, en tant que tribunal collégial", selon l'avocat. Selon d'autres sources, les "anciens" auraient en fait attendu 3 heures du matin, horaire du sacrifice matinal au temple, pour constituer le tribunal, conformément aux lois juives. <br /> <br /> Outre cette possible irrégularité, l'avocate Elizabeth García, auteur de la thèse "Le jugement mené contre Jésus", souligne que l'accusé ne put bénéficier de témoins venant le disculper. Ordinairement, quand les Juifs jugeaient une personne pour une offense capitale, ils fournissaient toutes les garanties d'équité dans le choix des témoins et la conduite du jugement. <br /> <br /> "Il n'y eut que des témoins à charge. Il n'est pas surprenant qu'aucun témoin à décharge ne se soit présenté parce que les disciples les plus proches de Jésus avaient fui", argumente encore Me Garcia. <br /> <br /> Pour les trois spécialistes, ces erreurs de procédure "affecteraient de nullité n'importe quel procès" qu'il soit mené à l'époque ou aujourd'hui et un tel jugement aurait dû être considéré comme "inique". <br /> <br /> Les trois experts ont aussi cherché à vérifier les dates possibles du procès de Jésus, considérant que sa vie et sa mort coïncidèrent avec l'occupation romaine de la Judée. Sachant que Ponce Pilate gouverna de l'an 26 à l'an 36, si la crucifixion de Jésus eut lieu un vendredi, ce "fut certainement le 7 avril de l'an 30", selon Elizabeth Garcia.” <br /> <br /> <br /> Et ce sont des avocats mexicains qui le disent ! <br /> <br /> Mais que fait, mon cher Maître, votre très estimable confrère Franck "el mexicano" BERTON ! <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> P.S. Il n'a échappé a personne, que le "Talmud juif" évoqué par le jurisconsulte PEREZ n'avait pas encore été rédigé à la mort du Christ puisqu'on le doit au Rabin Yehouda Hanassi après la destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en 70 après JC. En revanche, la Torah prévoyait bien la peine de mort pour les blasphémateurs.
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