Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Invité par Jean-Marc Morandini au grand débat sur Europe 1, j'étais aujourd'hui opposé à Jean-Marc Fédida, un avocat parisien (qui cherche à être connu...) et Jacques Généreux, un économiste candidat ( à l'Ouest) du Front de Gauche aux élections européennes. On a causé dans le micro de la mise en détention provisoire du collégien de 13 ans qui a tenté de tuer au couteau sa prof de maths. Est-ce une bonne réponse au problème ? "Non !" s'exclament en choeur mes contradicteurs qui en appellent comme d'habitude à la prévention, l'éducation et patati et patata. Je dénonce l'angélisme. Bien sûr, un ado en prison ce n'est guère satisfaisant mais ne faisons pas d'un fait divers heureusement isolé un phénomène de société et ne comparons pas un crime sordide avec les incivilités quotidiennes. On peut certes discuter de savoir si le jeune criminel est un enfant immature ou un ado responsable mais il est évident qu'à 13 ans, le gamin est conscient de la gravité et de la dangerosité de son geste. Il n'y avait malheureusement pas d'alternative acceptable à la détention provisoire. Lui-même n'aurait pas compris s'il avait été remis en liberté à l'issue de sa garde à vue.
Puis, on glisse sur l'attaque à la Kalachnikov d'un fourgon de police à La Courneuve., la cité que "qui-vous-savez" devait nettoyer au karcher. Là aussi, on en parle beaucoup, justement parce qu'il s'agit d'un acte exceptionnel. Il ne faut pas confondre les problèmes sociaux, les violences urbaines et le grand banditisme. Nous sommes en l'espèce confronté au grand banditisme ce qui n'a rien à voir avec ce qu'il est convenu d'appeler les problèmes des cités.
Enfin, nous évoquons l'annonce d'un meeting réunissant Martine Aubry et Ségolène Royale. Que deux responsables d'un même parti politique acceptent d'organiser ensemble une réunion publique électorale devienne un événement a quelque chose d'un peu pitoyable. Les petits caprices répétés de la Madone du Poitou lassent et agacent alors même qu'elle espère, sans doute, un échec retentissant du PS aux élections européennes en s'y investissant le moins possible pour démontrer ensuite qu'il n'y a qu'Elle qui puisse emporter les socialistes vers de nouvelles (sic) victoires. Là, Chti'Tine devrai être contente de moi, Non ? Pas sûr. En tout cas, à la prochaine sur Europe 1, le 26 mai à 13 h 20.