Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
La mise au pilori des ministres issus de l'immigration doit être un marché particulièrement porteur. Après les bouquins consacrés aux turpitudes de Rachida Dati, voilà un livre, "Fadela Amara, ledestin d'une femme" de Cécile Amar, cassant l'image de Fadela Amara, la secrétaire d'Etat à la politique de la ville. Je n'ai aucune sympathie pour ce produit de SOS Racisme et de ses multiples filiales comme "La maison des Potes" ou "Ni Putes Ni Soumises" peuplés d'escrocs moralisateurs pour qui l'antiracisme est un marché spéculatif comme le racisme est le fond de commerce vital du Front National.
Je m'autorise un digression. Je viens justement et gratuitement de recevoir le magazine de la Maison des Potes entièrement consacré à la gloire de la bande à Harlem Désir, Julien Dray et autres. Un article fustige le député de Tourcoing, Christian Vanneste, pour ses propos "homophobes" (Quel courage !) pour s'indigner de la faiblesse des condamnations infligées à l'élu "voyou" alors que, ce que ne dit pas l'article, Christian Vanneste a été définitivement relaxé, donc innocenté. Un détail...
Bref, revenons au sujet de ce billet, le brûlot anti Amara. Donc, Fadéla Amara est devenue membre du gouvernement après des années de mensonges, trahisons et reniements. Comme Rachida... Notamment, elle a inscrit sur son CV qu'elle fut de la marche des beurs de 1983. J'en connais d'autres ! Des centaines et des centaines de militants d'origine maghrébine affichent comme une médaille une participation à la fameuse marche des beurs à laquelle n'ont réellement participé qu'une petite vingtaine de personnes qui eux ne s'en vantent pas. Etonnant. J'avais à l'époque reçu en mon cabinet le père Christian Delorme qui parrainait cette manifestation devenue mythique. Il cherchait des personnes susceptibles d'accueillir les marcheurs à Lille. En vain. Mais, de nombreuses personnes se sont vendues depuis comme "ancien de la marche des beurs" pour faire carrière dans le milieu politique comme Bouziane Delgrange qui deviendra conseiller municipal de Pierre Mauroy et chouchou éphémère de Martine Aubry. Revenons à nos moutons...
Fadela, donc, comme beaucoup d'autres, romance un peu son histoire. Contrairement à ce que l'on doit croire, elle n'a pas d'avantage participé au tour de France des "Ni Putes Ni Soumises", s'accaparant l'initiative sur les plateaux de télévision. Je le sais bien, ayant reçu ces filles, à la Maison de Quartier de Wazemmes, qui se prenaient pour des stars. Fadéla n'en était pas... Bref, elle en rajoute un peu et beaucoup sur ses faits d'armes. Comme tout politique, non ? Bon, Fadela se trouve sous la coulpe d'hommes d'influence et devient leur obligée. SOS racisme lui a payé une nouvelle dentition, Sarko a régularisé son frère, etc. Surtout, son mentor, condamné pour escroquerie, lui dicte sa conduite. Une femme sous influence... Elle a renié ses amies. Fadéla a cassé toutes celles qui pouvaient la concurrencer. Vous connaissez un Ministre qui n'a jamais écrasé ses proches pour être sous les feux des sunlight à la place des autres ? Bien sûr, comme Rachida, son cabinet au Ministère souffre le martyr. Elle épuise ses collaborateurs qui partent sous d'autres cieux plus cléments. Quoi d'autre ?
Une petite anecdote. Lors d'un conseil des ministres, Fadela Amara s'est distinguée en parlant "jeune" et a conclu son discours en lançant "Et maintenant on y va à donf !". Sur ce, le Ministre de l'agriculture s'approche de sa collègue et lui demande, hésitant : "C'est où donf ?" ...