Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Très surprenant. L'émission "Envoyé Spécial" sur France 2 cette semaine comportait un reportage sur Martine Aubry prévu de longue date. Or, toutes les publicités de la chaîne invitant le téléspectateur à ne pas rater l'émission ne mentionnaient qu'une enquête sur la crise dans les entreprises et un autre sur les blacks américains à la recherche de leur origine en Afrique. Aucune annonce de notre Chti'Tine. La crainte de faire fuir le téléspectateur ? Après le résultat aux européennes, craint-on qu'un sujet sur la grande cheftaine du PS ne soit guère vendeur ?
Bon. Les scénario est apparu un peu simpliste: il y a deux Martine. Celle qui souffre à Paris avec les méchants socialistes qui ne lui veulent que du mal et celle qui exulte à Lille où elle est appréciée, aimée, adulée, exaltée. En tapant la pose devant les immeubles du Faubourg de Béthune, le Sultan Walid Hanna a soufflé sa phrase habituelle pour souligner ô combien Titine est géniale. Ah, la fameuse "Aubry touch" ! Tout le monde l'adore. Les patrons sont sous le charme et vantent ses mérites. Les pauvres lui sont éternellement reconnaissants. Comme d'habitude le gentil Christian Decocq pour l'UMP est chargé de jouer au gros méchants et lâche un petit compliment...
Sinon, on nous avait prévenu. Titine ne fait pas dans le people, elle. Donc, pas d'image sur sa vie privée, ni sa fille, ni son mari. Juste papa Delors mais en sa qualité d'ancien président de la Commission Européenne. France 2 a respecté la consigne; rien sur la vie privée. Ce qui n'est pas vraiment le cas de la Voix du Nord qui a publié en Une cette photo:
Titine vient d'accomplir son devoir électoral dans un bureau de vote désert du Vieux-Lille. Ce n'est pas la joie. Déposer dans l'urne un bulletin de vote au nom de Gilles Pargneaux ne provoque pas un sentiment de grande gaieté. Elle pressent certainement les piètres résultats du soir... En plus, il se met à pleuvoir ! Elle ouvre son grand parapluie pour se protéger des gouttes glacées qui tombent (et non des critiques qui s'annoncent). Un petit garçon disparaît derrière le pépin et sera privé de photo. Dans le fond, le mari de Martine applique les consignes de discrétion et se cache discrètement. Mais maladroitement. Jean-Louis se croit à l'abri mais figure tout de même dans l'angle du photographe . Raté...