Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Il y a quelques jours, au Royaume du Maroc, comme chaque année, le petit roi M6 a présidé les cérémonies traditionnelles dites de la "Bay'a". Le roi parade vaillamment sur un cheval, sous une ombrelle, accompagné de sa garde personnelle et tous les notables et dignitaires du régime chérifien se prosternent devant sa majesté en signe d'allégeance et de soumission. Et alors me direz-vous ? En quoi sommes-nous concernés ? Patience, je vous explique. C'est que notre député européen, Gilles Pargneaux, dit "Bigoudi" est devenu en quelque sorte l'ambassadeur de sa majesté le roi du Maroc. Si, si. L'homme aux multiples casquettes (secrétaire fédéral du PS, Maire d'Hellemmes, conseiller municipal de Lille, conseiller de la communauté urbaine et secrétaire national du PS et j'en oublie...) ne s'est guère exprimé durant ce mois d'août, malgré une actualité particulièrement brûlante (je pense notamment à l'expulsion des roms sur sa commune). Aucune déclaration officielle, si ce n'est pour affirmer au sujet du Maroc:
"Etant la démocratie la plus aboutie du sud du voisinage européen, le Royaume peut à terme représenter un modèle de démocratie exportable chez ses voisins".
Donc, pour ce socialiste, le royaume marocain est un modèle de démocratie. Je n'invente rien. Gilles Pargneaux préside le groupe d'amitié Union Européenne-Maroc et bénéficie régulièrement d'articles élogieux dans la presse marocaine. Ainsi peut-on lire au coeur de l'été sur un site d'information du royaume (l'intégrale c'est ici )
Alors que le Maroc célèbre la fête du Trône, M. Pargneaux a notamment tenu à saluer la réactivité des autorités marocaines dans le contexte du Printemps arabe, puisqu'"il a fallu seulement trois mois pour proposer une refonte constitutionnelle profonde et ainsi répondre aux aspirations démocratiques du peuple marocain après les évènements de janvier 2011 en Tunisie".
"Ce qui est vraiment singulier, c'est que la voie marocaine à la suite du Printemps arabe, n'a pas été parsemée de tensions et de conflits sociaux, la transition démocratique étant déjà engagée depuis un certain temps dans le Royaume", a-t-il relevé.
Il a rappelé, à ce titre, que "dès 2007, se tenait des élections législatives au Maroc où le ministère de l'intérieur n'interférait pas dans le décompte des votes, fait rare dans les pays du Maghreb où les interférences des autorités dans le processus démocratique sont encore nombreuses".
Voilà donc le modèle à suivre. "La démocratie la plus aboutie du sud du voisinage européen". Un royaume de droit divin. Un roi qui contrôle à la fois la vie politique, religieuse et celle des affaires. Un pays où la critique du roi vous mène en prison. Un royaume où de nombreuses petites filles sont réduites en esclavage. Un royaume où la victime d'un viol se voit contrainte d'épouser son agresseur. Bref, l'idéal !!! Cette allégeance sans limite de l'élu socialiste au régime marocain intrigue jusque dans son entourage politique. Certains s'inquiètent. Ils n'ont pas tort...