Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Y'a t-il encore une opposition à Lille ? La droite lilloise avait obtenu un très mauvais score aux dernières élections municipales offrant à Martine AUBRY une majorité sans précédent. Le groupe Union pour Lille se retrouvait réduit à une dizaine d'élus. Puis, le jeune Notaire et surtout député Sébastien Huyghe a abandonné Lille pour rejoindre sa circonscription au coeur de l'été. Surtout, mon copain Loïc Leserre décédait alors qu'il était le seul à savoir s'affronter avec brio aux socialistes lillois sans jamais sombrer dans la facilité et la caricature. Christian Decocq reprend alors la tête de l'opposition tout en sachant qu'il ne sera pas le challenger de 2014. Une motivation de circonstance uniquement guidée par l'esprit de revanche contre Sébasien Huyghe qui l'avait snobé durant la campagne électorale. Depuis qu'il a perdu son fauteuil de député au profit d'Alain Cacheux, Christian a perdu le goût du combat politique et il se retrouve à la tête d'une petite équipe dont il ne fut pas le sélectionneur. Bref,ce n'est pas le grand amour dans le groupe. Ils ne s'aiment pas, ils ne se comprennent pas. Il n'y a pas de projet ni d'ambition commune.
Ces derniers jours, on apprenait que deux des élus du groupe le quittaient: Isabelle Baert et Danielle Catelain. Puis la conseillère municipale Dominique Lemahieu présente sa candidature aux régionales sur une liste très à droite rassemblant nombre d'anciens du Front National faisant concurrence à la liste soutenue par l'UMP et conduite par Valérie Létard. "Notre liste était composée de bric et de broc" me souffle un élu d'opposition dépité "il n'y a aucue cohérence entre nous, chacun court après sa petite ambition personnelle". Ils voulaient tous, ou presque, se retrouver sur la liste de Valérie Létard qui a préféré la fameuse "ouverture", cette curieuse politique qui consiste à débaucher de récents opposants au préjudice de fidèles militants de vieille date. Seule Brigitte Mauroy grâce à son nom prestigieux a tiré son épingle du jeu alors qu'elle rêve toujours à un destin national. Elle n'habite pas à Lille(tout comme Christian Decocq, ce qui est aussi le cas de quelques élus socialistes...). Cela n'arrange pas les choses. En tout cas son mandat d'élue à Lille ne l'excite pas du tout. Tokia Saïfi que l'on ne voit jamais, ou si peu, ne porte aucun dossier lillois et ne s'est jamais exprimée sur une problématique de la commune. Bref, il n'y a pas d'opposition au conseil municipal. Et les élus de droite votent quasiment systématiquement les délibérations mises aux voix par Martine Aubry. Par méconnaissance des dossiers et des enjeux. Cela pourrait être risible si cela ne mettait gravement en péril notre démocratie locale. Ben oui ! Il n'y a pas de démocratie sans opposition qui contrôle, surveille, proteste, propose, dénonce. Sauf à apprécier le régime du parti unique...