Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Le secrétaire d'Etat à la Coopération et la Francophonie, Alain Joyandet, a fièrement annoncé entre deux voyages en avion de luxe ses décisions pour sauvegarder la langue française et lutter contre l'invasion des anglicismes dans nos conversations et surtout lorsqu'il est question d'Internet. Ainsi donc propose t-il de remplacer l'expression en vogue "buzz" par le mot bien français de "ramdam". Pourquoi pas ?
Mais, faut-il le rappeler, en réalité, ce mot n'est pas très franco-français puisqu'il s'agit de la prononciation arabe du mot "Ramadan", le mois du jeûne chez les mahométans. Comment se fait-ce ? En gros, voilà. Au siècle dernier, réveillé en pleine nuit par le bruit et les youyous stridents, un brave homme troublé dans son paisible sommeil se lève et s'écrit en colère "Mais, c'est quoi ce souk ?" et un observant de l'Islam lui répond avec pédagogie "Mais, c'est ramdam, Msieur, c'est sacré !" Retrouvant sa couche, l'épouse du bon français l'interpelle "Alors c'est quoi ce b..." et c'est alors qu'il explique doctement "C'est un sacré ramdam !". Un nouveau mot fait ainsi son entrée dans le dictionnaire. Et depuis, "ramdam" signifie "tapage" ou "vacarme" en référence aux festivités nocturnes constatées lors des soirées du mois de Ramadan. Donc, on ne doit plus dire "buzz" mais"ramdam". Pas sûr que cette incitation linguistique connaisse un grand succès. Est-ce bien raisonnable ?