Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
La liste socialiste aux élections régionales concoctée par Bigoudi, alias Gilles Pargneaux, a été soumise au vote des militants du PS. Certes, le choix était très limité: c'était plutôt un plébiscite, oui ou non. Bref, c'était à prendre ou à laisser. Mais à peine 4 militants sur 10 ont participé au vote ! On ne peut pas dire que la mobilisation soit en marche. Et très étonnamment, si bien sûr la liste a été acceptée, on dénote tout de même une grogne à la base puisque 2 électeurs sur 10 ont voté "Non". Quel enthousiasme ! Si même les militants s'abstiennent et traînent des pieds, il est à craindre que l'électorat ne soit pas très emballé pour se rendre aux urnes en Mars prochain.
De toute façon, Daniel Percheron demeurera le Président de Région. "Mais qui connaît Monsieur Percheron ?" comme dit l'autre. Car en dépit d'un budget "communication" pharaonique, rares sont ceux qui connaissent l'identité du Président du Conseil Régional et pourraient le reconnaître dans la rue. Les gens connaissent leur Maire, leur député, le Président de la République et son gouvernement, mais ignorent généralement les grands barons qui dirigent régions et départements. Un déficit de notoriété notable. C'est que l'élu régional n'est que rarement en contact avec la population si ce n'est à l'occasion d'inaugurations diverses et variées où n'assistent que quelques privilégiés ayant reçu un bristol d'invitation. Un fonctionnement en cercle fermé de vrais et faux amis, le petit clan des décideurs et des subventionnés. "La Région: c'est un gros carnet de chèques" expliquait une ancienne Présidente...
On peut donc s'attendre à une forte abstention lors du prochain scrutin. Surtout si la campagne se déroule sur des thèmes qui n'ont rien à voir avec les compétences d'un Conseil Régional comme l'a décidé l'UMP qui entend transformer ce vote en un plébiscite en faveur du roitelet gardien de la sécurité et de l'identité nationale et comme l'envisage le PS qui espère appeler à un vote sanction du gouvernement.
Alors, et si on commençait par un bilan ? On rappelle les anciennes promesses et on vérifie si elles ont été tenues. Chiche !