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Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.

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Quand Nord Eclair corrige... Nord Eclair

Le journal Nord Eclair consacre un gros dossier à la grande délinquance dans la Région du Nord. Le titre est aguichant "Le nouveau visage des caïds" ! Le journaliste ne fait pas dans la dentelle... A grand renfort de citations de flics qui en rajoutent pour jouer les gros bras qui savent tout sur tout et protégent les pauvres gens " On estime qu'il y a aujourd'hui dans la métropole une centaine de personnes prêtes à monter sur des attaques de fourgons " confie Mr Specque (contrairement aux idées reçues ce grand flic n'est pas le cousin du journaliste). On a peur... Le journaliste nous explique que les bandes organisées sont "composées le plus souvent de Gens du voyage et de jeunes issus de cités sensibles". Au cas où le lecteur n'aurait pas bien compris, on trouve également ce titre explicite " Aujourd'hui les Gitans et les Maghrébins tiennent le marché " Pour preuve de cette assertion détonnante, Nord Eclair publie l'interview d'un "Expert" ... anonyme. On nous explique que Gilbert, la cinquantaine, " a connu de l'intérieur le milieu ". Ancien flic, ancien voyou ? Les deux ? Mystère. Mais l'homme courageusement masqué, tel un sociologue patenté, évoque doctement la Mafia qui régnait à Lille jusque dans les années 8O. Or, il n'y a jamais eu de Mafia à Lille. Des voyous, oui, mais pas de Mafia. Une Mafia suppose un réseau très puissant qui contrôle la ville, bénéficiant de l'influence des hommes politiques, de l'indulgence des hauts fonctionnaires, rackettant industriels et commerçants, etc. Lille y a toujours échappé. Bref, on pipote... Ensuite, "l'Expert" annonce que tout cela a biezn changé et que maintenant la pègre n'est plus française, mon brave monsieur. Dans le temps, les sympathiques voyous qui avaient, eux, un code d'honneur, étaient bien de chez nous, mais maintenant... On est envahi ! " Aujourd'hui, LES Gitans et LES Maghrébins tiennent le marché ". Le tout est publié sans le moindre commentaire, sans l'once d'une critique, sans le début d'une contradiction. Tout cela ne sent pas très bon et fleure l'incitation à la haine raciale.

De nombreux journalistes de Nord Eclair ont protesté en découvrant ce dossier digne de la presse d'extrême droite. Dans la version Internet de Nord Eclair, on retrouve bien évidemment le même dossier et le même article. Mais, on découvre une petite nuance qui change tout. LES devient DES. " Aujourd'hui, DES Gitans et DES Maghrébins tiennent le marché ", lit-on sur le site de Nord Eclair. Une correction que nous aurions apprécié dans la version du journal disponible en kiosque.

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B
@Bob<br /> <br /> Ce n'est pas moi qui dit cela, c'est l'interviewé. Je n'invente rien, je pose des questions, j'analyse, et je résume, j'écris.<br /> <br /> @Maître Cobert<br /> <br /> Mon emportement est à la mesure du vôtre!<br /> <br /> Je cite Desproges car il serait sûrement bien malheureux de voir les limites absurdes imposées à l'expression, quelle qu'elle soit.<br /> <br /> A la lecture de votre billet, je n'ai pas vraiment vu une critique juridique d'un titre, comme vous le résumez maintenant, mais plutôt une critique morale et une remise en cause de mon honnêteté intellectuelle, puisque des mots tels que "bidon", "presse d'extrême droite" sont écrits. Que vous sous-entendez que les policiers se mettent en scène, exagèrent le trait. <br /> <br /> Les journalistes doivent acceptés d'être critiqués, et en l'occurrence j'accepte d'admettre que l'article indéfini était plus prudent que l'article défini. C'est la loi, une loi stupide selon moi (je ne vois pas pourquoi on protégerait d'avantage certains groupes humains que d'autres) mais d'accord, dont acte.<br /> <br /> Oui, l'interview est anonyme, à la demande de l'interviewé. Je ne vois pas où est le problème avec l'anonymat. Ne remettez pas en cause le courage de cet homme.<br /> <br /> Enfin, et je suis heureux de voir que vous mettez de l'eau dans votre vin, il y a une nuance entre dire que "de nombreux journalistes ont protesté" et de dire que l'article a fait débat. Je ne rentrerai pas dans la sauce interne du journal, car ce n'est pas le lieu, mais je peux vous dire qu'il n'y a pas eu de "nombreuses protestations à la découverte d'un dossier digne de la presse d'extrême droite", mais des craintes légitimes concentrées uniquement sur un titre jugé dangereux du point de vue de la loi. Il n'y a pas eu de "débat" sur l'article dans sa globalité...<br /> <br /> Au plaisir d'en discuter avec vous de vive voix.
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B
L'erreur est humaine. Persévérer est diabolique. Bruno Renoul persiste et signe! "LES gitans, LES magrhébins..". Bien sûr, il est vrai que l'on trouve devant les tribunaux de nombreux gitans ou maghrébins. Mais, faut-il pour autant utiliser des termes qui généralisent, qui stigmatisent et "systèmisent" ? Ainsi, indéniablement la quasi totalité des viols sont commis par des hommes. Ecrirait-on "Les hommes sont des violeurs" ? Allons plus loin. Imaginons un homme politqiue déclarant "les juifs tiennent les médias". Il n'est nul besoin d'imaginer les réactions ! Des réactions parfaitement justifiées.<br /> <br /> Bob.
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A
Je parcours souvent la presse régionale plus que je ne la lis. Il se trouve que je suis tombée par hasard sur cet article que j'ai lu dans son intégralité. Je l'ai trouvé tout à fait intéressant et que je trouve que vous faites un procès d'intention du politiquement incorrect. Car oui, il semble politiquement incorrect en ce moment d'employer le mot maghrébin sans se faire taxer de raciste. Or, il s'agissait d'une citation, dans une interview d'une part et d'autre part, on comprend bien à la lecture du reportage qu'il n'y a pas d'amalgame: il ne s'agit bien sûr pas de tous les maghrébins ou les gitans. Mais il se trouve que dans la plupart des affaires jugées dans le secteur du grand banditisme de la région on retrouve dans les tribunaux une majorité de français d'origine maghrébine et gitane. Faut-il le taire? Ou comme le disait justement un précédent commentateur se borner à appeler tous les délinquants "des jeunes issus de cités difficiles" ce qui est aussi absurde que faux (et en plus on risquerait de se faire taxer d'anti-jeunes!) . <br /> Je suis de sensibilité politique socialiste et j'adhère complètement à tous les mouvements d'idées qui prônent la lutte contre les discriminations en tous genre, et particulièrement la discrimination raciale. Mais par pitié, arrêtons de nous cacher derrière nos petits doigts! Halte à l'hypocrisie sémantique, ne jouons par sur les mots et intéressons nous au fond. Et dans cette enquête le fond est bien présent! Il apparaît clairement que les informations sont sourcées et recoupées puisque le journaliste cite différentes sources. Bref, c'est un vrai et bon travail de journaliste. Mais s'il vous chante d'écrire une contre enquête, aussi bien sourcée, je la lirai avec plaisir sur ce présent blog. Avec autant d'intérêt je l'espère que vous avez eu l'obligeance de lire ces quelques mots.
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M
Vous critiquez le traitement de l'information et sa présentation litigieuse par Nord Eclair ("les maghrébins", "les gitans"), vous avez raison M. des Droits de l'homme. Mais le policier décrit une réalité incontestable. Ce qu'il faut souligner, M. le critique des médias, c'est cette nouvellle façon de désigner des communautés. Avant les journalistes écrivaient ("les jeunes", "les délinquants"). Ce qui ne change dans les pratiques journalistiques locales, c'est cette incapacité à aller chercher l'information ailleurs que dans le bureau du commissaire. Le terrain, ça coûte cher, c'est long et c'est difficile sur ce genre de sujet. Mais en ce qui concerne la description de la délinquance, on n'entend rarement parler de nos élites lilloises qui ont aussi des pratiques mafieuses. Je ne citerai pas de cas précis. Il suffit d'observer un peu le fonctionnement de la ville de Lille pour lui attribuer le label de "petite Marseille du Nord".
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B
M. je sais tout, qui connais bien les réseaux de la délinquance, n'a qu'à mener sa propre enquête, je suis impatient de la lire sous sa plume ou sur ce blog. C'est vrai que c'est plus facile de dispenser les bons et mauvais points sur un blog.<br /> <br /> Les "nombreux" journalistes qui ont protesté? Vous êtes donc implanté à la rédaction, ou tirez-vous vos informations de l'un d'entre eux? Tiens donc, seriez-vous partial? Je connais aussi de nombreux journalistes qui ont trouvé le dossier bon. Des lecteurs, aussi.<br /> <br /> Quant à l'incitation à la haine raciale, je m'amuse de ce politiquement correct qui consiste à faire croire que "tous" les maghrebins et "tous" les gens du voyage sont visés par cet article. C'est faux, et vous le savez très bien. Vous jouez sur les mots. Il faut avoir l'esprit tordu pour penser qu'on opposé les mafias françaises et étrangères dans cet article. Visiblement, vous l'avez.<br /> <br /> Bizarrement, cela vous ennuie moins qu'on parle de mafias niçoises ou toulousaines : ça, ça n'est pas de l'incitation à la haine!<br /> <br /> Finlement, si un simple changement d'article ( de les à les) fait devenir acceptable un article de "digne de la presse d'extrême droite" (simplement parce que la réalité ne vous plaît pas), c'est qu'effectivement, on est définitivement entré dans un monde où il faut peser chaque mot avec une précaution infinie, sous peine de procès réels ou d'intention. Vous rentrez dedans à pieds joints. Avec des gens comme vous, Desproges aurait été embastillé.
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P
<br /> Monsieur Bruno Renoul, quel emportement !<br /> Vous invoquez le regretté Pierre Desproges, faut-il en conclure que votre dossier n'était qu'une parodie sacarstique, un pamphlet cynique, un réquisitoire bourré de jeux de mots destiné au tribunal<br /> des flagrants délires ?<br /> Je ne suis pas un "monsieur je sais tout" et je n'ai pas la prétention d'être journaliste. Je connais néanmoins un peu les réalités judiciaires et spécialement le droit de la discrimination. Or, je<br /> vous l'affirme si des poursuites étaient engagées pour incitation à la haine raciale et sachez que je ne le souhaite pas vous risqueriez sérieusement d'être condamné.<br /> Je n'ai pas critiqué la totalité de votre dossier mais un seul aspect: la présentation sans recul d'une interview anonyme et la reprise en titre d'une phrase plus que critiquable.<br /> Il n'est nul besoin d'être fin limier pour se rendre compte que votre article a fait débat au sein de la rédaction. Ce n'est pas sans raison que le Web master de Nord Eclair a corrigé votre papier<br /> pour le diffuser sur le Net.... Une journaliste m'a même raconté que le rédacteur en chef, lui-même, avait été choqué !<br /> Pour le reste effectivement on peut dire "la mafia sicilienne" ou "niçoise" sans que cela fustige une populaion. Par contre écrire "les gitans et les maghrébins tiennent le marché" de la grande<br /> délinquence stigmatise une population à raison de son origine. Et, cela tombe sous le coup de la Loi. Les nuances de la langues ont effectivement leur importance.<br /> <br /> <br />