Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Le Tribunal de Lille tient toujours la vedette dans les médias. Et voilà que Caroline Fourest, essayiste de talent qui voit des intégristes partout, ressort l'affaire de l'enterrement de Monsieur BERGHAM. Elle explique dans Le Monde que :
"En 2005, déjà, à Lille, le tribunal a empêché l'incinération du corps d'un Français d'origine algérienne au motif qu'il était de culture musulmane et devait donc être enterré selon le rite musulman, dans un carré musulman. La demande émanait de sa seconde épouse, pourtant séparée de corps. Elle s'opposait à la volonté des enfants du premier mariage, et du défunt athée qui avait explicitement demandé à être incinéré. C'était compter sans l'intervention de la Ligue islamique du Nord d'Amar Lasfar, membre de l'Union des organisations islamiques de France - UOIF - et du Conseil français du culte musulman. Ce dernier a expliqué que "seule une autorité judiciaire musulmane dans un pays musulman doit définir et vérifier les causes de l'apostasie d'une personne". Le tribunal a ordonné l'inhumation, conformément au souhait religieux de la seconde épouse. Incidemment, cette dernière était défendue par le même avocat que le mari souhaitant faire annuler son mariage pour "non-virginité"."
Bref, le Palais de Justice de Lille placé sous la tutelle de la Mosquée applique la charia ! Madame Fourest qui est très occupée n'a pas du trouvé le temps pour lire les décisions rendues dnas cette douloureuse affaire. Le juge lillois avait donné raison aux enfants du défunt qui plaidaient la crémation. Après appel et cassation, il fut en définitive donné gain de cause à la dernière compagne qui affirmait que le défunt voulait être enterré.Car ce litige est survenu en raison du fait que le décédé n'avait pas explicitement précisé ses dernières volontés. Il est totalement faut d'écrire "le défunt athée qui avait explictement demandé à être incinéré". Dans ce cas, le juge aurait bien évidemment opté sans discussion pour cette option sans s'embarrasser d'un débat d'ordre religieux. Le juge a du se forger une conviction pour déterminer ce qui semblait être probablement le choix du défunt.
Amar Lasfar, le dynamique recteur de la Mosquée de Lille Sud a bien évidemment tenté de s'immiscer dans le débat judiciaire mais il n'a pas été entendu. D'ailleurs, il expliquait qu'un juge laïc ne pouvait trancher un conflit religieux. Par contre Martine Aubry avait courageusement empêché que le corps ne soit incinéré tant que la procédure judiciaire n'ait pas aboutie et s'est démenée pour que l'institution judiciaire tranche au plus vite cette affaire.
Enfin, les enfants qui juraient que leur père n'était plus croyant et voulait être incinéré sont renvoyés par un juge d'instruction devant le Tribunal Correctionnel de Lille pour faux et usage de faux...
Bref, Caroline Fourest ne fait pas dans la caricature, elle trompe le lecteur.