Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Nicolas Sarkozy a répondu aux questions lénifiantes des journalistes avec brio. Difficile de répondre à la question posée: trop de réformes, pas assez de réformes ou déficit de communication ? Demander au président si les réformes entreprises n'étaient pas opposées aux souhaits des français; c'est trop difficile à dire ? Demander si les électeurs sont peut être déçus par ce que les réformes ne leur plaisent pas; c'est impossible ?
Le pire a été ce quart d'heure durant lequel le Président s'est complétement planté sans qu'un seul des 5 journalistes ne réagisse. A la question de l'éventuelle régularisation des travailleurs clandestins actuellement en grève avec le soutien de leurs patrons qui donc réclament un simple titre de séjour, Sarkozy a répondu et répété 3 fois qu'on ne peut accorder la nationalité française sous le seul pretexte que l'étranger disposait d'un contrat de travail... Telle n'était pas la question, telle n'est pas la demande ! Nul ne sollicite l'octroi de la nationalité française aux sans papiers qui travaillent mais seulement un titre de séjour. Le silence des journalistes - aucun n'a eu le courage de dire "vous vous trompez"- laisse en fait accroire aux télélespectateurs que ces travailleurs demandent une carte d'identité française et non un titre de séjour. On embrouille les esprits. Le cafouillage du président entre nationalité française et droit de séjour d'un étranger est d'autant plus surprenante que son épouse, Carla, première dame de France, selon l'expression consacrée, ne jouit pas de la nationalité française et qu'elle doit donc, en principe, être titulaire d'un titre de séjour....