Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Quel drôle d'oiseau, ce boucher barbu qui pavane comme un paon devant les caméras de télé aux fins d'affirmer qu'il a bien le droit, le brave homme, d'avoir des "maîtresses". Bien sûr qu'il en a le droit et même le droit de s'en vanter publiquement. Ce n'est nullement contraire aux lois de la République, assure t-il à juste titre, puisque le délit d'adultère a disparu du Code Pénal , il y a près de 35 ans. Mais curieusement, il ajoute, fièrement, que cela n'est pas plus interdit pas sa religion, l'Islam. Ah bon !!! Attention ! Que les délurés ne se précipitent vers une conversion hâtive pour épouser une religion si permissive. En Islam, toute relation sexuelle hors mariage est proscrite et l'on ne dispose pas d'un droit divin permettant d'entretenir des "maîtresses". L'adultère ne connaît pas de tolérance. Sous peine de lapidation... Ou d'une flagellation, à tout le moins. Alors ce musulman n'a semble t-il pas bien intégré les lois coraniques et se trouve vraiment à "contre-coran". Il ne faut pas confondre les houris promises dans le jardin d'Eden avec les dures réalités de la vie sur terre. D'ailleurs, certains musulmans justifient la polygamie qui a pour mérite, selon eux, d'éviter l'adultère...
Seulement voilà, l'homme aux maîtresses ne peut expliquer publiquement qu'il pratique effectivement la polygamie en ayant plusieurs épouses avec qui il s'est uni, j'imagine, religieusement et seulement religieusement. Les poursuites judiciaires pour ce délit ne pourront de toute évidence prospérer faute de cumuler plusieurs mariages civils. La république ne met pas son nez dans les affaires religieuses. Mais les religieux doivent, eux, respecter les lois républicaines. Ainsi, il est interdit de consacrer un mariage religieux avant le passage en mairie. Des poursuites peuvent être diligentées contre ceux qui contreviennent à cette disposition. Non pas les époux mais le curé ou l'imam. Et curieusement, alors que de nombreux imams acceptent d'organiser les épousailles de couples qui n'ont pas été préalablement mariés en Mairie, les procédures ne sont pas entreprises. La république ferme les yeux pour laisser se développer des pratiques "communautaires" et les gouvernants peuvent, ensuite à loisir, décrier des situations choquantes.