Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Quelle drôle d'époque vivons-nous ! Un Ministre offusqué et outragé par un comique, ne le provoque non pas en duel, mais exige de lui un débat. Stéphane Guillon n'est pas journaliste, encore moins représentant d'une formation politique ou un candidat à une élection. Il s'agit simplement d'un bouffon qui cherche à faire rire en maniant l'excès et la caricature et non d'un penseur prétentieux ni même d'un essayiste dérangeant Et Eric Besson traite l'humoriste de "lâche" car il a refusé le débat. Stéphane Guillon se refuse systématiquement à rencontrer celles et ceux dont il brosse le portrait pour éviter toute influence. Mais de quoi auraient débattu le clown et le pas drôle ? Imagine t-on Nicolas Sarkozy réclamer un débat public avec Anne Roumanoff se moquant de la "droite cassoulet" avec une "petite saucisse et plein de fayots autour" ? Un débat pour déterminer qui des deux s'avère le plus amusant des deux ou celui qui a un projet politique construit et tenable ? "Madame, vous m'avez traité de petite saucisse, d'où tenez-vous vos informations ? Je vais vous montrer que vous vous méprenez. J'ai la preuve avec moi et puis après j'ai même un témoin; j'appelle Carlita à la barre". Ou encore Martine Aubry débattant avec la même qui avait raillé la "gauche bouillabaisse" avec un gros "thon" et "plein de vieux croûtons autour" ou avec Stéphane Guillon, encore lui, qui comparaît notre Chti'Tineà un "petit pot à tabac"... La revendication ridicule d'Eric Besson exigeant un débat avec amuseur fait sourire. Mais on ne peut rire de tout avec n'importe qui...