Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Les Verts de Roubaix relancent une polémique d'arrière-garde pour entrer sans trop de risques en Résistance. Une polémique vaillamment entretenue puisqu'elle permet à peu de frais de s'affronter à celui qui a succédé à l'ancienne étoile montante du Ps Roubaisien (Renaud Tardy) au poste d'Adjoint à la culture détenu désormais par un notaire centriste (Jean-François Boudailliez). Au fait, de quoi s'agit-il ?
La Ville de Roubaix doit accueillir l'ensemble des oeuvres d'un sculpteur décédé par le biais d'une donation. Mais le dénommé Henri Bouchard eût le tort, à l'instar de nombreux artistes, de considérer que la vie des cultureux était bien belle sous l'occupation allemande. Une position condamnable qui lui a valu d'être légèrement sanctionné à la libération: 2 ans d'interdiction de vendre ses oeuvres et perte de son poste de professeur d'Arts. On raconte que Picasso présidait cette audience très particulière. Vu le portrait du personnage, les Verts de Roubaix s'opposent vigoureusement à l'exposition des sculptures. Certes, Henri Bouchard n'a tué personne et n'a guère dénoncé de juifs. Mais avoir été du mauvais côté en 1942 semble une faute impresciptible. Pas de réhabilitaion ni de réinsertion post-mortem chez nos bons écolos. 66 ans après, le pardon n'est toujours pas à l'ordre du jour. Décidemment, la Vertu n'est pas un vain mot chez les Verts...