Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Heureusement qu'il dispose d'une mémoire d'éléphant! Pierre Mauroy a du s'expliquer 7 heures durant devant la jeune Juge Beaussart sur d'éventuels détournements de fonds publics datant de 1992 ! Une mise en examen prononcée 16 ans après les faits supposés. Une Justice qui avance avec un pas de Sénateur... Si le grand Pierre avait commis un assassinat, il aurait bénéficié d'une prescription pour échapper aux poursuites. C'est dire que ce qu'on lui reproche doit être d'une incroyable gravité. Alors, de quoi s'agit-il ?
Pierre Mauroy a embauché à la Communauté Urbaine es qualité d'attachée de presse celle qui alors officiait déjà comme rédactrice en chef de l'hebdo socialo "Vendredi": Lyne Cohen-Solal. Travailler plus pour gagner plus, avant l'heure, quoi. Un plein temps à Paris pour 3000 euros (à l'époque) et un temps plein à Lille pour 1500 euros. Un bon militant ne compte pas ses heures ! Bernard Masset (qui sera prochainement entendu) partageait lui aussi un boulot à plein temps comme directeur de cabinet à la Mairie de Lille et un temps plein avec la même fonction à la Communauté Urbaine. Pour en revenir à Lyne Cohen-Solal, s'il est acquis que le salaire n'était pas fictif, on se demande si le travail était effectif. Certes on ne la croisait pas souvent à Lille mais Pierre Mauroy la voyait souvent à Paris.
Mais pourquoi donc cette affaire là ? "Un seul emploi fictif en Communauté Urbaine !" s'amuse un observateur. On a déjà rencontré des salariés de cette noble institution qui n'ont jamais su où se trouvait leur bureau... Il s'agit, en fait, d'un réglement de compte. A l'époque Lyne Cohen-Solal reprochait à la Mairie de Paris les emplois fictifs du RPR. Du coup, un proche de Charles Pasqua, Eric Darques, un lambersartois tenace qui mène un combat sans merci contre la corruption, lance l'affaire Mauroy/Solal. C'est d'avantage la socialiste parisienne qui est visée que le patriarche lillois.
Une question se pose. Si les faits sont avarés, la victime a bien sûr la possiblité de se constituer partie civile pour obtenir réparation de son préjudice. La victime, c'est la Communauté Urbaine que préside dèsormais Ch'titine. Alors, Martine Aubry partie civile contre Pierre Mauroy ?