Avocat au Barreau de Lille et Président de la Maison de Quartier de Wazemmes, Pascal COBERT vous propose un regard décalé sur l'actualité et le débat d'idées.
Rachida DATI, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Une jeune femme issue de l'immigration devient titulaire d'un Ministère régalien. Nous ne sommes plus à l'époque pourtant récente du sous ministre gadget: Tokia SAIFI secrétaire au dévelopement durable ou même Azouz BEGAG, certes Ministre à part entière, à la promotion de l'égalité des chances, sans budget, ni administration.
La France, si souvent qualifiée de profondément raciste, approuve. Les citoyens, dans leur immense majorité, toutes opinions politiques confondues, considèrent normal qu'une femme de caractère et de conviction, ancienne magistrate, soit Ministre de la Justice quelle que soit l'origine de ses parents.
Les rares protestations émanent des "indigènes de la République" et de leurs acolytes pour qui Rachida DATI est une traître à ses origines. Une femme d'origine arabe ne doit pas se commettre avec les "souchiens". Ne va t'elle pas renforcer la répression judiciaire au préjudice de ses propres frères ? Pour ces gens là, il faut à tout prix sauvegarder les clichés, leur inépuisable fond de commerce: les salauds de blancs condamnent lourdement les pauvres arabes forcèment délinquants par ce que victimes d'une impitoyable ségrégation organisée par les salauds de blancs...
Quand une femme issue de l'immigration maghrébine accède à un poste à responsabilité, elle commet le crime de "collaboration", elle couche avec l'ennemi ! Elle aide les blancs à opprimer d'avantage les pauvres étrangers... "Fille de harki" lance t-on à Rachida DATI dont le père est...marocain. "Fille de harki", par ce que la traîtrise ne peut qu'être héréditaire !
Puisque l'intégration républicaine n'est qu'un leurre, aucun doute n'est permis; une femme maghrébine qui parvient au pouvoir n'est qu'une supplétive des colons...
Bien évidemment, ne dites jamais que ces gens là sont racistes !